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Compostage des déchets verts et valorisation : que faire de ses tontes, feuilles et branches
Le compostage des déchets verts consiste à mélanger des matières riches en azote (tontes, épluchures, végétaux verts) à des matières riches en carbone (feuilles mortes, broyat de branches, paille), à les maintenir aérées et humides, et à laisser les micro-organismes travailler six à douze mois. Le reste se valorise sans compostage : le broyat en paillage, les feuilles au pied des haies, les tontes en mulching sur la pelouse.
Cette page donne les proportions, le rôle du broyat comme structurant, les erreurs qui font pourrir un tas, ce que vaut le compost obtenu, et le circuit industriel des déchets verts déposés en déchèterie.
Que faire de ses déchets verts : quatre valorisations sur place
| Déchet | Meilleure valorisation | Geste |
|---|---|---|
| Tontes de pelouse | Mulching, ou compost mélangé à du broyat | Tondre sans bac ; en compost, jamais plus de 10 cm d'épaisseur d'un coup |
| Feuilles mortes | Paillage des massifs, compost, terreau de feuilles | Laisser sur place sous les haies, ou stocker en tas grillagé |
| Branches jusqu'à 7 cm | Broyat en paillage ou BRF | Broyer frais, étaler en couche de 5 à 8 cm |
| Tailles vertes et fanes | Compost | Mélanger aussitôt avec des matières brunes |
La règle générale : ce qui est mou, vert et humide se composte ou se mulche ; ce qui est ligneux se broie et se paille. Les branches non broyées mettent trois à cinq ans à se décomposer et bloquent le retournement du tas, d'où l'intérêt de la location d'un broyeur une journée par an après la taille.
Compostage des déchets verts : le rapport carbone/azote en pratique
Le compostage est une affaire d'équilibre entre carbone et azote : les micro-organismes travaillent au mieux autour d'un rapport C/N de 25 à 30 pour 1, soit en pratique deux volumes de matières brunes pour un volume de matières vertes.
- Matières vertes (azote) : tontes fraîches, épluchures, fanes de légumes, mauvaises herbes non montées en graines, marc de café.
- Matières brunes (carbone) : broyat de branches, feuilles mortes, paille, carton brun non imprimé, tiges sèches.
Un tas trop vert chauffe, se tasse, devient gris et sent l'ammoniac : il manque de brun et d'air. Dans un tas trop brun, rien ne se passe : il manque d'azote et d'humidité. La bonne humidité est celle d'une éponge essorée.
Les quatre gestes qui font la différence
- Alterner les couches plutôt que de vider un bac de tontes d'un coup.
- Aérer : retourner le tas une fois par mois les trois premiers mois.
- Broyer tiges et branches avant de les incorporer : plus la matière est fragmentée, plus la surface d'attaque est grande.
- Couvrir en hiver contre le lessivage, arroser en été si le tas sèche.
En six à douze mois, le compost est mûr : brun foncé, homogène, odeur de sous-bois, sans morceaux reconnaissables. Il s'épand en surface, 2 à 5 L par m², au printemps ou à l'automne, sans enfouissement profond.
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Demander un devisLe broyat, structurant indispensable du compost
Le broyat de branches est la matière qui manque à la plupart des composteurs domestiques. Ses copeaux créent des vides où l'air circule, absorbent l'excès d'eau des tontes et apportent le carbone qui fait défaut au printemps. Un seau de broyat pour deux seaux de tontes change complètement le comportement d'un tas.
Le BRF (bois raméal fragmenté) désigne le broyat de rameaux de moins de 7 cm broyés frais, riche en lignine tendre, recherché pour nourrir la vie du sol. En paillage, il se décompose en un à deux ans ; le guide du BRF détaille son emploi et la faim d'azote passagère qu'il provoque si on l'enfouit.
Le broyat de branches sèches et de conifères, plus grossier, se décompose bien plus lentement : excellent paillage de longue durée sur les allées et les massifs d'arbustes, moins bon activateur de compost. Les granulométries selon le système de coupe sont comparées sur broyeur à turbine, rotor ou couteaux.
Tout ne mérite d'ailleurs pas de passer par le composteur : le paillage utilise la matière telle quelle et rend service dès le premier jour. Comptez 5 à 8 cm de broyat au pied des haies et des fruitiers, 10 à 15 cm de feuilles mortes sur les massifs, et seulement 2 à 3 cm de tontes séchées au potager, sous peine de former un feutre imperméable. Les cas où le paillage de bois ne convient pas sont détaillés sur inconvénients du paillage de bois.
Ce que vaut le compost de déchets verts
Un compost de déchets verts est un amendement organique, pas un engrais : il améliore la structure du sol, sa rétention en eau et son activité biologique, mais apporte peu d'éléments fertilisants immédiatement disponibles. Ses teneurs en azote, phosphore et potasse sont faibles et variables selon les matières compostées, l'azote étant surtout organique et libéré lentement. Il complète une fertilisation ciblée sur les cultures exigeantes, il ne la remplace pas.
Les composts produits industriellement à partir des déchets verts collectés répondent à la norme NF U 44-051, qui fixe des teneurs et des seuils en éléments indésirables. C'est cette conformité qui autorise leur épandage agricole, et qui explique le refus des sacs plastique et de la terre en amont, en déchèterie comme dans la collecte.
Le circuit industriel : que deviennent les déchets verts collectés
Les végétaux déposés en déchèterie ou collectés en porte-à-porte partent sur une plateforme de compostage : broyage, puis mise en andains, ces longs tas retournés par un engin pour être aérés. La montée en température détruit graines d'adventices et pathogènes, avant une maturation plus lente. Après quatre à six mois, le produit est criblé et devient un compost normé destiné à l'agriculture, aux espaces verts ou aux habitants ; une partie du bois part en plaquettes pour les chaufferies biomasse.
Depuis le 1er janvier 2024, la loi AGEC du 10 février 2020 impose à chaque collectivité de proposer une solution de tri à la source des biodéchets : composteur individuel, site partagé, point d'apport ou collecte séparée. D'où la multiplication des composteurs à tarif réduit, des formations de guides composteurs et des aides à l'achat de broyeurs. Renseignez-vous auprès de votre intercommunalité, accessible depuis la page de votre commune, qui liste aussi les déchèteries ADEME les plus proches : choisir ma commune.
Questions fréquentes
Que faire de ses déchets verts sans les évacuer ?
Trois gestes couvrent l'essentiel : mulching des tontes, paillage des massifs avec les feuilles et le broyat, compostage du reste en alternant matières vertes et brunes. Broyer les branches est la clé, car elles ne se compostent pas telles quelles.
Quel est le bon mélange pour composter des déchets verts ?
Environ deux volumes de matières brunes et carbonées (broyat, feuilles mortes, paille, carton brun) pour un volume de matières vertes et azotées (tontes, épluchures, fanes), avec une humidité d'éponge essorée et un brassage régulier. Un tas trop vert se tasse et sent l'ammoniac.
Combien de temps pour obtenir du compost ?
Six à douze mois dans un composteur domestique selon la finesse des matières et la fréquence des retournements ; quatre à six mois en andains sur plateforme professionnelle, suivis d'un criblage.
Peut-on composter des branches ?
Pas en l'état : une branche entière met trois à cinq ans à se décomposer et bloque le retournement du tas. Broyées, les branches deviennent le meilleur structurant du compost, ou un paillage à étaler directement en couche de 5 à 8 cm.
Le compost de déchets verts est-il un engrais ?
Non, c'est un amendement organique : il améliore la structure, la rétention d'eau et la vie du sol, avec des teneurs faibles et variables en azote, phosphore et potasse, libérées lentement. Les composts industriels issus des déchets verts collectés répondent à la norme NF U 44-051.
Peut-on mettre des tontes de gazon dans le compost ?
Oui, mais jamais en grande épaisseur d'un coup : les tontes fraîches se tassent, fermentent et deviennent nauséabondes. Alternez-les avec du broyat ou des feuilles mortes, par couches de quelques centimètres, ou laissez-les sécher une journée.
Sources : ADEME — Épargnons nos ressources : que faire de mes déchets · Légifrance — Code de l'environnement (tri à la source des biodéchets)